Vouloir vivre autrement – Mon parcours

J’ai toujours eu l’impression de vouloir vivre autrement, ou tout du moins, avoir une belle vie sans regret.
Après le bac, je suis en entrée en fac de psycho, un peu par hasard dans un premier temps. Ces études m’attiraient, j’avais une vague idée de ce que je pourrais en faire par la suite.
La première année, je me suis prise au jeu. J’allais en cours, je révisais pour mes partiels et, pleine de bonne volonté, j’essayais de construire un projet professionnel.

Puis petit à petit, une pression a commencé à se faire sentir. Le fait d’être constamment notée, évaluée devenait pesant pour moi. L’année suivante, j’allais de moins en moins en cours, et j’ai fini par abandonner mes études.
Après quelques mois à déprimer et à me demander ce que j’allais bien pouvoir faire de ma vie, j’en suis venue à la conclusion que je n’avais tout simplement pas trouvé ma voie, qu’il ne fallait pas que je me prenne la tête.
J’avais encore la chance d’être chez ma mère, alors je n’avais qu’à faire les études qui me faisaient vraiment envie et le reste suivrait tout seul.

Du coup, me voilà partie en fac de langues et de civilisations nordiques. J’ai rencontré des gens fantastiques, j’ai découvert une culture dont je suis tombée immédiatement amoureuse, mais il y avait toujours ce dégoût pour l’évaluation et la course aux diplômes.
J’adorais apprendre et je m’éclatais de ce côté là, mais je détestais tout le reste. J’ai de nouveau arrêté mes études et j’ai reproduit le même schéma : déprime, remise en question…

Pourquoi moi je n’y arrive pas ?

J’ai alors commencé à me demander si j’étais tout à fait normale ! Ce que l’on me demandait, c’était finalement ce que l’on demandait à tout le monde, rien de plus. Pourtant je n’y arrivais pas, et le fait de devoir respecter un cadre, de travailler pour prouver que j’avais le niveau finissait par jouer sur mon moral. Je savais que ce n’était pas par fainéantise. Depuis mes 17 ans, j’avais fait tous les petits boulots possibles pour pouvoir être rapidement indépendante financièrement. Je savais que j’avais la volonté nécessaire pour faire ce que je voulais de ma vie. Mais je ne savais simplement pas quoi en faire.

À ce moment là, j’avais 23 ans. Ayant toutes mes journées de libres, j’ai lu énormément, regardé beaucoup de documentaires. C’est à partir de cette période que s’est construite la vision des choses que j’ai aujourd’hui.
Je me suis intéressée à la politique, au social, à l’environnement… Cela m’a permis de m’ouvrir considérablement l’esprit, mais j’ai aussi commencé à ressentir une sorte de colère.
Le monde allait mal, les gens se plaignaient et pourtant continuaient à faire exactement ce qu’on leur demandait.
Je me sentais de moins en moins à ma place et j’avais l’impression que je n’arriverais jamais à m’intégrer à cette société. Il m’étais impossible de rentrer dans le moule, en oubliant tout ce qui me révoltait.

Ce que les autres peuvent en dire

Pourtant je n’arrivais pas à m’affirmer et je ressentais toujours cette énorme pression sociale. Si tout le monde se tuait au travail, de quel droit moi je ne le ferais pas ?
J’avais beau essayer, cela me paraissait au dessus de mes forces de devoir consacrer 40 ans de ma vie à faire un boulot qui ne me plaisait pas, sous prétexte qu’à mon âge il fallait avoir trouver sa voie.
Pour moi cela n’avait pas de sens, ma voie je la trouvais autrement que par le travail.
Ce qui me confortait dans cette idée c’était que je n’avais finalement que très peu de besoins matériels et financiers. A quoi bon travailler 40h par semaine, pour gagner de l’argent dont je n’avais pas spécialement besoin.

Mais je voyais qu’aux yeux de certaines personnes je n’étais qu’ une gamine immature et versatile, qui n’avait rien compris à la vie. J’ai alors passé mon concours d’éducatrice spécialisée en me disant qu’au moins, je pourrais travailler tout en luttant contre ce qui me révoltait.
J’ai réussi mon concours, j’ai commencé l’école en septembre 2015 et j’ai tout lâché, un mois après.
Voilà où j’en étais il y a tout juste un an. Complètement paumée, un poil déprimée, et je me sentais totalement inadaptée.

Vivre la simplicité volontaire

Ce qui a tout changé, c’est un bouquin. Je suis tombée sur le livre Vivre la simplicité volontaire, un recueil de témoignages de personnes qui vivent de façon minimaliste.
Je l’ai dévoré en 2 heures. C’était une mine d’informations, j’ai pu mettre des mots sur ce que je ressentais depuis des années, et me rendre compte que, bien évidemment, j’étais très loin d’être la seule à me poser des tas de questions et à vouloir vivre autrement.
J’ai découvert des auteurs qui m’ont permis de construire petit à petit ma réflexion. Ces personnes parlaient de sobriété volontaire, de décroissance, de désobéissance civile… Ce livre est devenu une bible pour moi !

Quand j’ai terminé de le lire, je me suis sentie soulagée, légère, normale. À partir de ce moment là, j’ai tout simplement compris que je refusais de vivre comme tout le monde, car cela ne me convenait pas, et que j’en avais le droit.

Accepter de vouloir vivre autrement

Je me suis alors écoutée. J’ai quitté Paris où tout était trop cher, trop rapide, trop bruyant, trop grand. Je suis retournée dans ma ville natale, Angers. J’ai totalement remis mes projets en question. Je n’étais définitivement pas faite pour travailler, du moins pas comme ça. Mais je n’avais pas envie d’être dépendante d’aides sociales pour autant. La solution pour moi est alors de travailler à la maison. A mon rythme, à ma façon.

Depuis, j’ai revu la liste de mes priorités. Ce qui est important pour moi c’est de profiter de la vie. J’ai envie d’apprendre des millions de choses, de toucher à tout et de faire le maximum par moi-même. Si j’ai de l’argent à dépenser, c’est dans les stages, les loisirs, les formations… Dans des expériences qui laissent des traces positives et me font grandir.
Ce qui m’importe également c’est de fonder une famille et de m’investir à 300% dans l’éducation de mes enfants.

Enfin, je veux vivre simplement, lentement, respectueusement et intelligemment.
Il ne s’agit pas de se priver ou de se frustrer, mais seulement d’arrêter de se persuader que l’on sera plus heureux en gagnant plus, possédant plus.
Il est essentiel pour moi de consommer juste ce dont j’ai besoin, en étant tout à fait consciente des impacts et des conséquences de cette consommation.

Tout ceci prend du temps et je ne suis qu’au début de ce périple !
Il y a un questionnement permanent qui a lieu dans ma tête auquel je n’ai pas toujours de réponses. Mais surtout, il y a une réelle adéquation entre ce que je pense et ce que je fais, entre ce que j’imagine et ce que je vis.
Et c’est alors pour moi la plus jolie des réussites.

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5 commentaires sur “Vouloir vivre autrement – Mon parcours

  1. Magnifique article qui me parle énormément. Il invite à s’écouter, vivre en adéquation avec ses idéaux, ses objectifs et à profiter de la vie en vivant dans le présent. En plus c’est plein d’humilité et de sensibilité. Juste splendide.

    1. Merci pour ton chaleureux commentaire. Je suis ravie que cet article en particulier t’ait plu. Il était très important pour moi de l’écrire 🙂

  2. Il y a plus de personne qu’on ne le pense qui « ne se sentent pas à leur place » comme tu as pu l’être, mais malheureusement très peu d’entre elles réagissent pensant que le problème vient d’eux et finissent alors pas le biais de la pression sociale par faire comme tout le monde.
    Nous sommes dans une société où le travail est l’identité sociale. Quand tu ne connais pas une personne, la première question que tu lui poses est : tu fais quoi dans la vie ? Pas de travail, pas d’identité sociale, et donc on te laisse penser que tu es nul.

    Le livre dont tu parles m’intrigues fortement, je devrais le commander. Dans tous les cas courage dans ton périple 🙂

    1. Merci pour ton commentaire !
      Bien sûr qu’il y en a plus qu’on ne le pense, c’est pour ça qu’il ne faut pas hésiter à l’exprimer. Cela rassure de vous que l’on n’est pas tout seul 🙂
      Ce livre est agréable à lire et permet de prendre connaissance d’une autre façon de vivre, donc cela ne peut-être que bénéfique !

      Une journée à toi.

  3. J’aime beaucoup tes articles, et je me reconnais complètement dans tes réflexions et le style de vie que tu recherche. J’ai souvent changé de métier, ne me sentant jamais vraiment en accord avec moi même au bout d’un moment. J’ai travaillé dans la vente , la restauration, ça me plaisait un moment, mais avec les années, j’ai compris que je ne voulais plus se rapport d’argent avec les gens, ça fausse les relations, et le travail à l’usine avec des cadences de fou pour toujours produire plus, ne me correspond pas non plus… alors j’ai travaillé dans le social, les valeurs me conviennent mieux, mais l’ambiance ou le comportement de certains collegues, hypocrites ou qui veulent se mettre en avant me font de plus en plus réfléchir que le monde du travail n’est pas pur moi. Et devoir perdre son temps,sa vie à travailler car on nous l’impose, être dans le moule, car il « faut » être comme ça, me paraît insensé… mais j’en suis encore à réfléchir aux solutions pour pouvoir vivre sans avoir à travailler, en tout cas pour quelqu’un d’autres… pour le moment c’est un peu une impasse. Mais je vais lire le livre dont tu parles… peut-etre qu’il va m’eclairer… je l espère
    Bonbe continuation à toi

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